Petites misères

Publié le par Tamina

[Premier texte fragmentaire écrit en atelier en 2016.]


Brouhahaha dans le tram. Tous les sons se mélangent. Incompréhensible. Bruits de termites.

 

Je pense à la gueule du patient, grande ouverte, cherchant désespérément à trouver de l’air. J’entends encore l’affreux gargouillement que produisait sa gorge encombrée. Assourdissant, immonde. J’ai pensé sans y pensé vraiment : vivement que ça s’arrête. Je ne pensais pas être exaucée dans l’heure. 

 

Arrêt Bellecour, les gens courent du métro A vers le métro D. C’est l’anarchie alphabétique.

 

Il m’a demandé une pièce, je lui ai filé une clope.

 

Une vie pour trois lettres : DCD.

 

Un homme glisse son ticket de métro dans la fente de la machine qui pousse un petit bip aigue. De justesse, l’homme évite une pensée scabreuse.

 

Rame de métro. Beaucoup de monde debout, dont moi et une vieille.  Elle me regarde, je lui souris avant de m’installer sur la dernière place assise.

 

La veille, sa femme disait : il faut qu’il mange, il ira mieux. Le médecin en chef du service palliatif n’insista pas.   

 

Y’a un type en face de moi, deux fois mon âge. Il me lance des regards appuyés. Encore un qui doit tromper sa fille.

 

Sa mère est morte, il y a 5 mois, un 15 comme lui, dans la chambre 301, comme lui. Vous pensez que ça a un sens ?

 

Terminus, tout le monde descend. Agitation. Une femme me bouscule et je lui demande pardon.

Publié dans Fragments

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