Je me souviens

Publié le par Tamina

[Fragments autobiographiques écrit en atelier en 2016, sur mon Papa.]

Je me souviens de la lumière blanche qu’il y avait dans la buanderie. Ma mère m’annonçait que l’opération pouvait le tuer. Je me souviens de mon indifférence.

Je me souviens de l’odeur de l’amandier en fleur ce jour où Papa est rentré de l’hôpital, appuyé sur une canne.

Je me souviens du crépitement du feu de la cheminée. Papa qui disait :  « Je suis l’homme le plus heureux du monde ». Dans ses bras, ma mère, ma sœur et moi.

Je me souviens de l’arrivée du fauteuil roulant, nous faisions des courses avec ma sœur dans le jardin.

Je me souviens des fraises que nous avions jetée parce que Maman avait confondu le sucre et le sel.

Je me souviens de son ronflement lourd, quand il faisait sa sieste sur le canapé en cuir du salon, un gant humide sur le front.

Je me souviens de ce jour où ma sœur avait planqué le fauteuil et croisant les bras sur sa poitrine avait assené à mon père : « Marche maintenant ».

Je me souviens du crépitement de la télévision quand maman rentrait tard le soir.

Je me souviens de l’éclat du vase que ma mère venait d’envoyer contre le mur et des yeux rougis de mon père.

Je me souviens de la seule fois où j’ai mangé de la réglisse, ça avait un gout de fête d’anniversaire ratée.

Je me souviens de l’odeur de sciure. On abattait l’amandier parce qu’il était malade. 

Publié dans Fragments

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